La peur d'une dysmorphie corporelle fait référence à une préoccupation excessive concernant un défaut 'imaginaire' ou très léger de l'apparence physique qui est à l'origine d'une souffrance importante ou d'une altération importante du fonctionnement quotidien.
La PDC est caractérisée par la présence d'obsessions, de compulsions et de comportements d'évitement.
Ce site se veut une source d'information fiable,
en français, pour les personnes souffrant
de ce trouble ainsi que leurs proches.
La peur d'une dysmorphie corporelle, c'est quoi?
La peur d'une dysmorphie corporelle (PDC) fait référence à une préoccupation excessive concernant un défaut 'imaginaire' ou très léger de l'apparence physique qui est à l'origine d'une souffrance majeure ou d'une altération importante du fonctionnement quotidien. La PDC est caractérisée par la présence d'obsessions, de compulsions et de comportements d'évitement (voir plus bas). N'importe quelle partie du corps peut être l'objet de la préoccupation mais les plus fréquentes sont la peau, les cheveux, le nez, le ventre, le poids, la poitrine, les yeux, les fesses et les dents. À noter que bien que l'on parle ici d'un défaut léger ou même imaginaire, la personne atteinte de PDC est bien souvent convaincue de la réalité et de la sévérité de son défaut. Cette vision n'est cependant pas partagée par les gens autour d'elle.
Qui est touché?
La PDC ne fait pas de discrimination: elle peut toucher n'importe qui. Les études estiment qu'environ 0.7% à 2.4% de la population générale serait touchée, ce qui représente plus de 500 000 Canadiens. Fait particulier, la PDC affecterait autant les hommes que les femmes, ce qui la distingue d'une insatisfaction 'normale' de l'apparence physique, phénomène beaucoup plus répandu chez les femmes.
Les obsessions.
Les obsessions sont des pensées ou des images mentales intrusives et persistantes qui entraînent une anxiété ou une souffrance importante. Les gens qui souffrent de PDC passent plusieurs heures par jour à penser à leur apparence. Par exemple: ''Si je sors de chez moi tout le monde remarquera ma calvitie et je ferai rire de moi'' ou encore '' Si je n'arrive pas à cacher ces plaques rouges sur la peau de mon visage, j'aurai l'air ridicule et personne ne voudra me parler'. Afin d'apaiser l'anxiété ou la détresse provoquée par les obsessions, les personnes atteintes de PDC vont bien souvent tenter d'éviter les situations qui les rendent inconfortables ou encore avoir recours à des compulsions.
Les compulsions et l'évitement.
Les compulsions sont des comportements exécutés dans le but de prévenir ou de réduire l'anxiété ou la souffrance suscitée par les obsessions. Les personnes souffrant de PDC vont bien souvent s'engager dans des comportements visant à vérifier, camoufler ou corriger leurs défauts présumés. Par exemple, ils peuvent se maquillager excessivement, se regarder constamment dans le miroir (ou encore éviter les miroirs de façon à ne pas être confronté à leur défaut), demander aux autres si leur apparence est correcte, gratter leur peau, avoir recours à des traitements dermatologiques ou même à la chirurgie esthétique, etc.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, bien qu'ils visent à diminuer l'anxiété causée par les préoccupations, ces comportements n'ont malheureusement que l'effet pervers de les entretenir. La vérification, le camouflage ou l'évitement apportent à la personne un soulagement immédiat mais l'anxiété revient vite à la charge et la personne se sent contrainte de répéter ses comportements encore et encore, avec une anxiété de plus en plus intense. Elle se retrouve prise à l'intérieur d'un cercle vicieux.
La PDC se traite-t-elle?
Oui! Heureusement, il existe des traitements pour les gens souffrant
de PDC. Ces derniers sont très similaires à ceux utilisés dans le cas du Trouble Obsessionnel-Compulsif (TOC). Bien que les croyances PDC diffèrent des croyances TOC en terme de contenu (par exemple, je trouve mes oreilles difformes VS peut-être que la porte n'est pas verrouillée), les deux troubles partagent de nombreuses caractéristiques, notamment au niveau de la présence d'obsessions et de compulsions. Les traitements aujourdhui considérés comme étant souvent efficaces pour le TOC et la PDC sont la pharmacothérapie et la thérapie cognitive-comportementale.
Rappelez-vous que la stratégie d'intervention optimale diffère pour chaque personne: pour certains ce sera la médication, pour d'autres la thérapie, pour d'autres une combinaison des deux. Ainsi, ce n'est pas parce qu'une approche n'a pas fonctionné pour vous que ça ne vaut pas la peine d'en essayer une autre; au contraire!
La pharmacothérapie.
Les médicaments utilisés pour le traitement de la PDC sont des antidépresseurs appelés IRS (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine). Les IRS opèrent dans le cerveau afin d'augmenter le taux de sérotonine (un neurotransmetteur) dans la synapse en inhibant sa recapture. Les IRS sont utilisés pour traiter une variété de troubles anxieux et de l'humeur comme le TOC, le trouble panique et la dépression. Il est impossible de savoir quel médicament conviendra le mieux à chaque personne avant de débuter le traitement. Aussi, ce nest pas parce qu'un médicament nest pas efficace qu'un autre ne le sera pas.
*Consultez votre médecin ou votre psychiatre si vous désirez en apprendre davantage sur le traitement pharmacologique de la PDC.
La thérapie cognitive-comportementale.
Le traitement psychologique de choix pour la PDC est la thérapie cognitive-comportementale. Un des éléments principaux de ce type de thérapie est ce que l'on appelle l'exposition avec prévention de la réponse. Ces exercices consistent à affronter de façon graduelle des situations stressantes tout en s'abstenant d'avoir recours aux comportements compulsifs généralement utilisés pour diminuer l'anxiété. Par exemple, un homme qui ne sors plus de chez lui en raison de sa calvitie pourrait commencer par sortir quelques minutes sur son balcon en portant une casquette. Il pourrait ensuite s'aventurer de plus en plus loin de chez lui pour des périodes de temps de plus en plus longues, tout en abandonnant graduellement le port de la casquette. La composante cognitive de la thérapie consiste généralement en des exercices de restructuration cognitive, cest-à-dire la modification de croyances inadéquates ou erronées et d'erreurs de raisonnement afin de les rendre plus appropriés, vraisemblables et aidants.
ll peut être possible d'appliquer soi-même certains des principes de la thérapie cognitive-comportementale, mais un suivi avec un professionnel qualifié est encouragé.
La thérapie cognitive-comportementale peut être utilisée seule ou en combinaison avec un traitement pharmacologique.
... et la chirurgie esthétique?
La chirurgie esthétique n'est pas considérée comme une stratégie d'intervention adéquate dans les cas de PDC. Suite à une telle intervention, on n'observe habituellement aucune diminution des préoccupations chez ceux atteints du trouble. Il peut aussi arriver que les préoccupations se 'déplacent' à une autre partie du corps ou qu'elles deviennent plus sévères.
Il n'existe actuellement pas de livre en français sur la PDC.
Les livres suivants sont toutefois disponibles en anglais:
Feeling Good About the Way You Look: A Program for Overcoming Body Image Problems par Sabine Wilhelm.
The BDD Workbook: Overcome Body Dysmorphic Disorder and End Body Image Obsessions par Cherri Pedrick & James Claiborn.
The Broken Mirror: Understanding and Treating Body Dysmorphic Disorder par Katharine Phillips.
The Butterfly Girl par Racheal Baughan & Trisha Goddard: Témoignage d'une personne ayant vaincu la PDC.
Understanding Body Dysmorphic Disorder: An Essential Guide
par Katharine Phillips.
Sur cette page vous trouverez des liens vers des vidéos traitant de la PDC. Veuillez noter que les vidéos sont en anglais.
> Too Ugly for Love (2006): documentaire sur la PDC produit par BBC (en 9 parties)
Cliquez ici pour la partie 1 (les autres sont aussi disponibles sur youtube.com )
> Série de vidéos informatifs sur la PDC par Dr Sabine Wilhelm et son équipe du
Body Dysmorphic Disorder Program au Massachusetts General Hospital.
> Entrevue avec Dr. Fugen Neziroglu , experte dans le traitement
cognitivo-comportemental de la PDC.
> Série de vidéos informatifs sur la PDC par Dr. Jamie Feusner, chercheur reconnu
dans le domaine.
L'Ordre des Psychologues du Québec met à la disposition du public un service de référence permettant de rechercher un psychologue selon différents critères, notamment l'approche thérapeutique, les difficultés traitées et la localisation géographique. Accédez à ce service sur leur site web ou au 1-800-363-2644.
Comment aider mon proche qui souffre de PDC?
Les membres de la famille et les amis d'une personne aux prises avec une PDC peuvent parfois se sentir frustrés et confus par rapport aux symptômes de leur proche. Il arrive qu'ils ne savent pas quelle serait la meilleure façon de soutenir ce dernier.
La première chose et la plus importante est de vous informer le plus possible sur la PDC et son traitement. En même temps, assurez-vous que votre proche ait aussi accès à cette information. Aider la personne à comprendre qu'il existe des traitements constitue un premier pas essentiel pour l'amener à chercher de l'aide.
Comment aider mon proche qui a entrepris une thérapie?
Votre proche a fait un grand pas en prenant la décision d'obtenir de l'aide pour son problème. Ainsi, vous pouvez:
- L'encourager verbalement par rapport à sa décision
- Faciliter sa présence régulière aux rencontres avec son thérapeute
Groupes de soutien.
Il n'existe actuellement pas de groupe de soutien spécifique à la PDC au Québec. Un tel groupe pourrait toutefois être mis sur pied s'il y a suffisamment de demande (écrivez-nous!).
D'ici là, le groupe de soutien pour le Trouble Obsessionnel-Compulsif (TOC) du Centre de Recherche Fernand-Seguin est heureux d'accueillir les personnes aux prises avec la PDC. Le groupe se rencontre le deuxième jeudi de chaque mois de 19h à 21h. Veuillez contacter Mme Karine Bergeron pour plus d'information: kbergeron.crfs_ssss.gouv.qc.ca
Lignes d'aide et/ou d'écoute.
Vous avez besoin de parler de vos difficultés? N'hésitez pas à appeler aux lignes d'écoute suivantes:
> Jeunesse J'écoute
7 jours/7, 24h/24
1-800-668-6868
> Revivre (troubles anxieux, dépressifs, bipolaires)
Lundi au vendredi, 9h à 21h
(514) REVIVRE ou 1-866-REVIVRE
> Tel-Aide
(514) 935-1101
> Tel-Aînés (60 ans et plus)
7 jours/7, 10h à 22h
(514) 353-2463 ou (450) 353-2463
> Tel-Écoute
(514) 493-4484 ou (450) 493-4484
> Tel-Jeunes
1-800-263-2266
Si un de vos proches ou vous-même avez des pensées suicidaires, vous pourrez obtenir de l'aide en contactant les organismes suivants:
> Suicide-Action Montréal
Ligne d'urgence, 24/7: (514) 723-4000
> Centre de Prévention du Suicide du Québec
(418) 683-0933 ou 1-866-APPELLE
Témoignage anonyme
J'ai des TOCs depuis que je suis toute petite, mais ça a commencé avec mon nez vers 9 ou 10 ans. Aujourd'hui, j'ai 17 ans et rien n'est arrangé. Je prévois de me faire une rhinoplastie le plus vite possible parce que je ne pourrais pas continuer à vivre comme ça. Toutes ces années, j'ai passé des heures devant mes miroirs. Certaines périodes étaient plus graves que d'autres. Des fois, je pensais chaque seconde à mon nez, tout le temps où je ne dormais pas. Je ne faisais plus rien que me regarder de profil avec deux miroirs. Ca m'a amené à faire une dépression. Je suis sous anti-dépresseurs depuis environ 3 ans, mes TOCs vont mieux mais pas ça. Les gens ne s'imaginent pas à quel point c'est grave pour nous. Comment ça gâche une vie. J'ai toujours TOUJOURS une mèche devant mon profil droit pour cacher mon nez parce que je l'aime encore moins que le gauche, mais j'essaye de trouver des systèmes pour cacher les deux côtés. C'est vraiment dur à vivre. J'ai tout le temps peur d'être rejetée par les autres à cause de mon nez. Pourtant, les gens de mon lycée ne voient pas ça, j'ai beaucoup d'amis, j'ai une bande, mais quand même. J'ai toujours mes miroirs avec moi, et je suis obligée de le faire, et parfois les gens me regardent très très bizarrement quand ils me voient avec mes miroirs donc je me cache le maximum. Sinon, des fois, j'étais tellement désespérée que j'ai voulu me casser le nez toute seule pour qu'on puisse me faire une chirurgie et changer la forme de mon nez. Les gens autour de moi me disent que mon nez est bien. Mais moi je ne le vois pas comme ça, et je n'ai plus aucun espoir que ça change sans que je passe par la chirurgie esthétique. Mais cette obsession, c'est quelque chose qui reste tout le temps là dans votre tête et qui ne veut pas s'en aller.
Anonyme
Nous sommes à la recherche de témoignages de gens affectés par la PDC: ceux qui sont toujours aux prises avec le problème mais aussi ceux qui ont réussi à s'en sortir! Si vous désirez partager votre expérience avec les utilisateurs du site web, faites-nous parvenir votre texte à pdc-bdd_hotmail.ca .
La confidentialité est assurée.
* Si vous aussi souffrez de PDC, soyez certains de lire notre section sur les traitements: il ne faut pas perdre espoir, car il existe des traitements psychologiques et pharmacologiques qui ont fait leurs preuves!
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Celui-ci s'adresse aux personnes touchées par la problématique de la peur d'une dysmorphie corporelle: celles qui en sont atteintes bien sûr, mais également leurs familles et leurs proches.
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Si vous vous sentez inconfortable par des propos tenus dans notre forum, vous pouvez en tout temps nous en aviser à pdc-bdd_hotmail.ca
> BDD Central - site anglophone sur la PDC
> Centre d'Étude sur les Troubles Obsessionnels-Compulsifs
et les Tics du Centre de Recherche Fernand-Seguin de
l'Hôpital Louis-H. Lafontaine
> Ordre des Psychologues du Québec
> The BDD Foundation - site anglophone sur la PDC
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